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Demande de remise gracieuse d'impôts

Demandez à l'administration fiscale une remise ou un étalement quand vous ne pouvez pas payer, en expliquant votre situation chiffres à l'appui.

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Exemple de courrier

Service des Impôts des Particuliers Centre des Finances Publiques de Lyon 3e 27 rue de Bonnel 69003 Lyon
Jean Dupont 15 rue des Lilas 69003 Lyon
Lyon, le 3 avril 2026
Objet : Demande gracieuse de réduction d'impôt sur le revenu — Année 2025
Madame, Monsieur, Je demande une remise gracieuse de 1 500 € sur mon impôt sur le revenu 2025, qui s'élève à 2 400 €, au titre de l'article L. 247 du Livre des procédures fiscales (numéro fiscal : 1234567890). J'ai perdu mon emploi en mars 2025 et mes revenus ont fortement baissé depuis. Mon indemnisation par France Travail ne me permet pas de payer la totalité de cet impôt. Vous trouverez ci-joint les pièces justificatives suivantes : - Avis d'imposition 2025 - Attestation France Travail - Relevés bancaires des 3 derniers mois Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Jean Dupont

Le vôtre sera rédigé à partir de vos propres réponses.

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Demande de remise gracieuse d'impôts : guide complet

La demande de remise gracieuse (ou demande de modération) est un courrier formel adressé à l'administration fiscale pour solliciter, en raison de difficultés exceptionnelles, l'abandon total ou partiel d'une dette fiscale ou des pénalités associées. Régie par l'article L. 247 du Livre des procédures fiscales, c'est une procédure méconnue mais utilisée par plus de 250 000 contribuables chaque année en France, avec un taux de succès de 30 à 45 % selon les motifs invoqués.

Différencier les trois types de demandes

Réclamation contentieuse (art. L. 190 LPF) : vous contestez la légalité de l'imposition (erreur de calcul, faits inexacts, application erronée d'une règle). Délai : 31 décembre de la 2e année qui suit le rôle. Procédure obligatoire avant tout recours juridictionnel.

Demande gracieuse (art. L. 247 LPF) : vous reconnaissez l'impôt comme légalement dû mais demandez son abandon ou modération en raison de circonstances exceptionnelles (gêne financière, événement de vie). Pas de délai légal mais à formuler dès la difficulté reconnue.

Demande de délai de paiement : vous reconnaissez l'impôt et demandez seulement un échelonnement (jusqu'à 24 mois en pratique). Procédure plus simple, accordée dans 75 % des cas.

Quels impôts peuvent faire l'objet d'une remise gracieuse

  • Impôts directs : impôt sur le revenu, taxe d'habitation (résidence principale jusqu'à 2023, secondaire après), taxe foncière, contribution sociale généralisée (CSG)
  • Pénalités et majorations de tous les impôts (10 %, 40 %, 80 % selon la gravité)
  • Intérêts de retard (0,20 % par mois)
  • Frais de poursuite

Impôts non concernés : TVA et droits de mutation (succession, donation, vente immobilière) ne peuvent pas faire l'objet d'une remise gracieuse — uniquement des délais de paiement.

Les motifs reconnus par l'administration

Difficultés financières : perte d'emploi, baisse importante de revenus, séparation, divorce avec garde des enfants, surendettement reconnu par la Banque de France. C'est le motif le plus fréquent (60 % des demandes).

Événements de vie graves : maladie longue, hospitalisation, handicap reconnu, décès du conjoint ou d'un proche entraînant une baisse de revenus.

Catastrophes naturelles ou sinistres : inondation, incendie, vol, dégâts matériels importants ayant grevé votre situation financière.

Erreur de bonne foi : déclaration erronée mais sans intention de fraude (oubli, mauvaise interprétation), redressement en cours mais ressources insuffisantes pour payer.

Surcharge sociale ou familiale : enfant lourdement handicapé, parent âgé à charge, situation familiale exceptionnelle (foyer monoparental avec plusieurs enfants).

Les motifs généralement refusés

  • Désaccord sur le montant de l'impôt (relève d'une réclamation contentieuse)
  • « Je trouve que je paie trop » sans difficulté financière démontrée
  • Déclaration intentionnellement erronée (fraude)
  • Récidive : un contribuable qui a déjà bénéficié de plusieurs remises ne peut pas en obtenir indéfiniment
  • Refus délibéré antérieur de payer (mauvaise foi)

Procédure et délai

  1. Adresser le courrier au Service des Impôts des Particuliers (SIP) dont vous dépendez, ou au Service des Impôts des Entreprises (SIE) pour les professionnels. L'adresse figure sur votre avis d'imposition.
  2. Joindre les pièces justificatives : avis d'imposition contesté, justificatifs de difficulté (bulletins de salaire, attestation France Travail, relevés bancaires, certificat médical, etc.), questionnaire de situation financière (formulaire 4805-SD)
  3. Délai d'instruction : 2 mois en règle générale. Au-delà de ce délai sans réponse, le silence vaut rejet. Vous pouvez alors saisir le médiateur des ministères économiques et financiers.
  4. Décision motivée de l'administration : acceptation totale, partielle, ou refus. Notification écrite avec motivation.
  5. En cas de refus : recours hiérarchique auprès du Directeur Départemental des Finances Publiques, puis saisine du tribunal administratif si toujours refus.

Le contenu d'une demande efficace

  1. Vos coordonnées complètes : nom, prénom, adresse, numéro fiscal de référence (figurant sur l'avis d'imposition)
  2. L'objet précis : « Demande de remise gracieuse — avis d'imposition n° XXX du [date] »
  3. Le rappel des éléments contestés : impôt concerné, année, montant exact
  4. L'exposé circonstancié de votre situation : événements ayant entraîné la difficulté, chronologie, conséquences financières chiffrées
  5. Le calcul de votre capacité contributive actuelle : revenus mensuels, charges incompressibles (loyer, énergie, alimentation, transport), reste à vivre
  6. La demande précise : remise totale, partielle (X %) ou délai de paiement (X mois)
  7. Les pièces justificatives numérotées et listées
  8. La signature manuscrite et la date

Pièces à joindre obligatoirement

  • Avis d'imposition concerné en intégralité
  • 3 derniers bulletins de salaire ou attestation France Travail si chômage
  • 3 derniers relevés bancaires (tous comptes confondus)
  • Justificatifs de charges (quittances de loyer, factures EDF/Gaz/Internet)
  • Justificatifs de la difficulté invoquée : licenciement, certificat médical, jugement de divorce, attestation de surendettement, etc.
  • Tableau de situation financière mensuelle (formulaire 4805-SD téléchargeable sur impots.gouv.fr)

Cas particulier : remise des pénalités uniquement

Si vous reconnaissez l'impôt principal mais contestez les pénalités (majoration de 10 %, 40 % ou 80 %), la demande gracieuse peut porter uniquement sur ces pénalités. Taux de succès plus élevé : 50 à 70 % si vous démontrez votre bonne foi (oubli, erreur involontaire, première occurrence).

Cas particulier : demande de délai de paiement

Plus simple et plus souvent acceptée. À adresser au comptable public chargé du recouvrement. Mentionner :

  • Le montant total dû
  • L'échéancier proposé (mensualités sur 6, 12, 18 ou 24 mois)
  • Les justificatifs de votre capacité de paiement

L'acceptation est en général tacite si l'échéancier est raisonnable et respecté.

Cas particulier : surendettement

Si vous avez déposé un dossier de surendettement à la Banque de France, l'administration fiscale est tenue d'inclure les dettes fiscales dans le plan de redressement. Joindre la décision de recevabilité de la commission de surendettement à votre demande gracieuse.

Cas particulier : aidants familiaux et personnes handicapées

Si vous êtes aidant d'une personne handicapée ou âgée dépendante, vos charges spécifiques (rémunération d'auxiliaires de vie, équipements adaptés, déplacements médicaux) sont prises en compte. Joindre la décision MDPH, attestations de prestation d'aide.

Suivi de la demande

Vous pouvez suivre l'avancement de votre demande sur votre espace personnel impots.gouv.fr (rubrique « Mes documents » et « Messagerie sécurisée »). En l'absence de réponse sous 2 mois, vous pouvez relancer le SIP par téléphone ou par message via votre espace.

Pendant l'instruction, les poursuites de recouvrement (saisie sur compte, sur salaire) sont en principe suspendues — mais à confirmer expressément par écrit avec le comptable public.

Les erreurs à éviter

  • Confondre demande gracieuse et réclamation contentieuse : si votre demande relève d'une erreur de l'administration, c'est une réclamation, pas une demande de remise
  • Ne pas joindre les justificatifs financiers : la demande sera rejetée sans examen
  • Demander une remise totale sans difficulté avérée : peu crédible
  • Ton agressif ou victimisation : restez factuel et professionnel
  • Demander plusieurs fois pour la même année : taux de refus quasi systématique en cas de récidive
  • Cesser de payer en attendant la réponse : sans accord écrit, les pénalités continuent de courir

Avec Lettrio

Vous décrivez ce qui a changé dans votre situation et l'impôt concerné. La demande expose les faits dans l'ordre, chiffre vos revenus et vos charges, s'appuie sur l'article L. 247 du LPF et précise ce que vous demandez : remise totale, partielle ou délai de paiement. Elle se termine par la liste des pièces à joindre. Adressez-la à votre service des impôts des particuliers (SIP).

FAQ

Ce service est-il gratuit ?

L'aperçu est gratuit, 3 fois par mois. Le courrier complet (texte intégral, PDF et copie par email) coûte 2,99 €, sans abonnement.

Les courriers sont-ils juridiquement valables ?

Le courrier suit les usages formels de votre pays et cite les textes applicables. Relisez-le avant de l'envoyer : ce n'est pas un avis juridique.

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