Quand et comment démissionner d'un CDI
La lettre de démission sert à mettre fin à un CDI à votre initiative. Votre employeur ne peut pas la refuser. Elle doit en revanche exprimer une volonté claire et non équivoque : une démission donnée sous la pression (harcèlement, salaires impayés, conditions de travail intenables) peut être requalifiée par le conseil de prud'hommes, avec des indemnités comparables à celles d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Ce que dit la loi
L'article L1237-1 du Code du travail ne soumet la démission à aucune forme particulière. Une démission orale est donc valable si votre intention est claire.
Un écrit reste utile pour deux raisons. Il fixe la date à partir de laquelle court le préavis, et il sert de preuve si un désaccord survient plus tard sur cette date ou sur les sommes dues. Le plus sûr est la lettre recommandée avec accusé de réception. La remise en main propre contre décharge signée par l'employeur fonctionne aussi : gardez-en un double.
La durée du préavis
La loi ne fixe pas de préavis de démission, sauf pour quelques professions (journalistes, VRP, assistants maternels). Il dépend de votre convention collective, de votre contrat de travail ou, à défaut, des usages de la profession.
Les durées les plus courantes dans le privé :
- Employés et ouvriers : 1 mois, parfois 2 selon l'ancienneté
- Techniciens et agents de maîtrise : souvent 2 mois
- Cadres : 3 mois dans la plupart des conventions (Syntec, métallurgie, BTP)
- Période d'essai : 24 heures en dessous de 8 jours de présence, 48 heures au-delà
Le nom de votre convention collective figure sur votre bulletin de paie. Son texte est sur Légifrance, ou disponible auprès des RH et des représentants du personnel.
Vous pouvez demander une dispense de préavis. Si l'employeur l'accepte à votre demande, vous partez plus tôt et vous n'êtes simplement pas payé pour la période non travaillée. S'il refuse, vous devez effectuer le préavis : partir avant vous expose à lui devoir une indemnité égale au salaire de la période restante. À l'inverse, si c'est l'employeur qui vous dispense de sa propre initiative, il vous doit une indemnité compensatrice de préavis.
Ce que la lettre doit contenir
- Vos nom, adresse et coordonnées
- Le nom de l'entreprise, son adresse et le destinataire (votre responsable ou la DRH)
- Le lieu et la date
- Un objet simple : « Démission »
- La mention « Lettre recommandée avec accusé de réception » si vous l'envoyez ainsi
- Votre décision de démissionner, votre poste, la durée du préavis et la date de fin de contrat qui en résulte
- Une formule de politesse et votre signature manuscrite
Vous n'avez pas à justifier votre départ. Une phrase suffit : « Je démissionne de mon poste de [intitulé], que j'occupe depuis le [date]. » Évitez les reproches et les griefs : ils n'apportent rien et peuvent être cités contre vous en cas de litige.
L'envoi en recommandé
Imprimez la lettre, signez-la et envoyez-la en recommandé avec accusé de réception, au guichet ou en ligne sur le site de La Poste (environ 5 à 8 €). Gardez le récépissé de dépôt et l'accusé de réception : ce sont vos preuves.
Le préavis commence à la date de première présentation du courrier à l'employeur, pas à la date où il signe l'accusé de réception. S'il refuse la lettre, le préavis court quand même à partir de cette présentation.
Cas particuliers
Démission pendant la période d'essai : le délai de prévenance est de 24 ou 48 heures. Mettez-le quand même par écrit pour que la date de fin ne soit pas discutée.
Chômage : une démission n'ouvre en principe pas droit aux allocations. Le règlement d'assurance chômage prévoit toutefois des cas de démission légitime, comme suivre un conjoint muté, déménager après un mariage ou un PACS, des salaires impayés ou un projet de reconversion validé par un conseiller en évolution professionnelle. Hors de ces cas, vous pouvez demander un réexamen de votre situation à France Travail après 121 jours de chômage, à condition d'avoir cherché activement un emploi.
Rupture conventionnelle : si votre employeur est d'accord pour que vous partiez, proposez-la plutôt qu'une démission. Elle ouvre droit au chômage et à une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement.
Abandon de poste : depuis la loi du 21 décembre 2022 (décret n° 2023-275), un salarié qui abandonne son poste et ne revient pas après mise en demeure est présumé démissionnaire. Il perd ses droits au chômage, sans avoir la date de fin claire qu'apporte une lettre.
Les erreurs à éviter
- Démissionner seulement par email : la date de réception peut être contestée.
- Régler ses comptes dans la lettre : cela peut se retourner contre vous et compromettre de futures références.
- Partir avant la fin du préavis sans accord écrit : l'employeur peut vous réclamer l'indemnité correspondante.
- Oublier les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte vous sont remis à votre départ.
- Négliger la clause de non-concurrence : si votre contrat en contient une, relisez-en les conditions avant de signer un nouveau contrat.
Avec Lettrio
Vous indiquez votre poste, votre date d'entrée, le préavis prévu par votre convention ou votre contrat, et si vous souhaitez demander une dispense. La lettre annonce votre démission dès la première phrase, calcule la date de fin de contrat, propose d'organiser la passation et se termine par une formule adaptée au destinataire. Vous pouvez la télécharger en PDF ou nous laisser l'envoyer en recommandé.