Aucun texte n'impose de forme à la démission d'un salarié en CDI. Elle peut même être orale. La jurisprudence exige seulement une volonté claire et non équivoque de quitter l'entreprise. Si tout le monde passe pourtant par une lettre, c'est pour une raison pratique : le préavis commence à courir le jour où l'employeur en a connaissance, et seule une trace écrite permet de dater ce jour sans discussion.
Quel préavis devez-vous respecter ?
L'article L1237-1 du Code du travail renvoie la durée du préavis à la loi, à la convention ou à l'accord collectif et, à défaut, aux usages de la profession. Le Code ne fixe donc pas lui-même une durée générale pour la démission. Votre contrat de travail peut aussi en prévoir une, à condition qu'elle ne soit pas plus longue que celle de la convention collective.
En pratique, beaucoup de conventions retiennent un mois pour les employés et trois mois pour les cadres, mais les écarts sont réels. Pour trouver la vôtre, regardez l'intitulé de la convention collective sur votre bulletin de paie, puis cherchez-la sur Légifrance. La durée dépend souvent de la catégorie et parfois de l'ancienneté.
Pendant la période d'essai, les règles changent. Le salarié qui rompt l'essai doit prévenir 24 heures à l'avance s'il est présent depuis moins de huit jours, et 48 heures au-delà. On ne parle d'ailleurs pas de démission mais de rupture de la période d'essai.
Exemple : calculer sa date de départ
Camille, assistante commerciale, relève d'une convention qui prévoit deux mois de préavis pour sa catégorie. Elle remet sa lettre en main propre le lundi 2 mars et fait signer une copie datée par sa responsable. Son préavis court à partir de ce jour et se compte de date à date : son contrat prend fin le 1er mai au soir, sauf mode de calcul différent prévu par la convention. Si elle avait envoyé un recommandé, la date de référence aurait été celle de la première présentation du courrier, pas celle de l'envoi.
Les congés payés ne suspendent pas automatiquement le préavis. Si Camille veut poser ses jours restants pendant cette période, il lui faut l'accord de l'employeur. Sinon, ils lui seront payés sous forme d'indemnité compensatrice dans le solde de tout compte.
Ce que la lettre doit contenir
- Vos nom, prénom, adresse et le poste que vous occupez
- Le nom de l'entreprise et du destinataire (souvent la direction ou les RH)
- La date et le lieu de rédaction
- Une phrase qui exprime la démission sans condition ni ambiguïté
- La durée du préavis et la date de fin de contrat que vous en déduisez
- Le cas échéant, une demande de dispense de préavis
- Votre signature manuscrite
Vous n'avez pas à donner de motif. Si vous en donnez un, il ne change rien juridiquement, mais il peut être relu plus tard. Une démission motivée par des reproches graves envers l'employeur (salaires non versés, harcèlement) peut être requalifiée par le conseil de prud'hommes, et c'est alors une autre procédure qu'il faut envisager, la prise d'acte, idéalement avec un avocat.
Exemple de premier paragraphe
Madame la Directrice, je vous informe par la présente de ma décision de démissionner du poste d'assistante commerciale que j'occupe depuis le 4 septembre 2023. Conformément à la convention collective applicable, mon préavis de deux mois court à compter de la remise de ce courrier le 2 mars 2026, et mon contrat prendra donc fin le 1er mai 2026.
La suite tient en deux ou trois phrases : une proposition d'organiser la passation, éventuellement un remerciement sincère, puis la formule de politesse. Rien de plus n'est attendu.
Remise en main propre ou recommandé ?
Les deux se valent en droit. La remise en main propre suppose que l'employeur signe et date un exemplaire que vous conservez. S'il refuse de signer, passez au recommandé avec accusé de réception le jour même. Le courriel est admis comme preuve, mais sa date de réception est plus facile à contester et certains employeurs ne le traitent pas comme un courrier officiel.
Les erreurs qui coûtent cher
- Écrire « je souhaiterais démissionner » ou « j'envisage de partir » : une intention n'est pas une démission, et l'employeur peut vous répondre qu'il attend une décision.
- Démissionner sur un coup de colère. Une démission claire est difficile à reprendre sans l'accord de l'employeur, même le lendemain.
- Partir avant la fin du préavis sans accord écrit. L'employeur peut alors réclamer une indemnité égale au salaire des jours non effectués.
- Cesser de venir en espérant être licencié. Depuis 2023, l'abandon de poste peut entraîner une présomption de démission après une mise en demeure restée sans réponse, sans droit au chômage.
Dispense de préavis : qui paie ?
Tout dépend de qui la demande. Si c'est vous et que l'employeur accepte, le préavis non travaillé n'est pas payé. Si c'est l'employeur qui vous dispense de venir, il doit vous verser l'indemnité compensatrice correspondant au salaire que vous auriez perçu. Faites toujours confirmer l'accord par écrit, avec la nouvelle date de fin de contrat.
À votre départ, l'employeur vous remet le certificat de travail, l'attestation destinée à France Travail et le reçu pour solde de tout compte. Si vous préférez partir d'un modèle déjà structuré avec ces mentions, le générateur de lettre de démission vous demande votre poste, votre préavis et votre date de départ, puis rédige la lettre à partir de ces éléments.
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