Lettrio
Emploi

Démission sans préavis : Est-ce possible ? Guide 2026

6 min

Partir sans faire son préavis est possible, mais rarement par sa seule volonté. Dans la plupart des cas, il faut l'accord de l'employeur, et cet accord a un coût : les jours non travaillés ne sont pas payés. Les situations où la loi vous libère d'office existent, elles sont simplement peu nombreuses.

D'où vient votre préavis

Le Code du travail ne fixe pas lui-même de durée de préavis pour une démission. L'article L1237-1 renvoie à la loi, aux conventions et accords collectifs, et à défaut aux usages de la profession et de la localité. Votre contrat peut aussi en parler, sans pouvoir être moins favorable que la convention. En pratique, on rencontre souvent un mois pour les employés et trois mois pour les cadres, mais seul votre texte fait foi.

Commencez donc par retrouver le nom de votre convention collective sur votre bulletin de paie, puis cherchez l'article consacré à la démission. Il indique la durée, et parfois des règles utiles comme des heures d'absence autorisées pour chercher un emploi.

Les cas où aucun préavis n'est dû

  • La période d'essai. Vous ne démissionnez pas, vous rompez l'essai. Seul un délai de prévenance de 48 heures, ou de 24 heures avant huit jours de présence, s'applique.
  • La grossesse. Une salariée dont l'état de grossesse est médicalement constaté peut quitter son emploi sans préavis et sans devoir d'indemnité.
  • La fin d'un congé de maternité ou d'adoption. Le salarié qui veut cesser de travailler pour élever son enfant peut démissionner sans préavis, à condition de prévenir l'employeur au moins quinze jours avant la fin du congé.
  • Une convention plus souple. Certaines conventions collectives prévoient des exceptions, par exemple quand le salarié a trouvé un autre emploi. Vérifiez la vôtre.

La voie normale : demander une dispense

Hors de ces cas, vous pouvez demander à votre employeur de vous dispenser de tout ou partie du préavis. Il est libre de refuser. S'il accepte à votre demande, la partie non effectuée n'est pas payée. C'est différent quand l'employeur décide de lui-même de vous libérer : il vous doit alors une indemnité compensatrice égale au salaire du préavis.

La nuance se joue sur la preuve. Formulez la demande dans votre lettre de démission ou dans un courrier séparé, et obtenez une réponse écrite qui précise la date de fin du contrat. Un accord donné oralement par votre responsable ne suffit pas si les RH calculent ensuite le solde de tout compte sur un autre calendrier.

Partir sans accord : ce que vous risquez

Le salarié qui quitte l'entreprise avant la fin du préavis sans accord peut être condamné à verser à son employeur une indemnité correspondant aux salaires de la période non effectuée. Les employeurs ne la réclament pas toujours, mais ils peuvent saisir le conseil de prud'hommes pour l'obtenir.

Cesser simplement de venir n'est pas une porte de sortie. Depuis 2023, l'employeur peut, après une mise en demeure restée sans effet, considérer l'abandon de poste comme une démission. Vous vous retrouvez démissionnaire, sans allocation chômage, avec un préavis non exécuté.

Quant à la prise d'acte de la rupture, elle n'est pas une démission rapide. Elle suppose des manquements graves de l'employeur et se tranche devant le conseil de prud'hommes. Si les juges ne retiennent pas ces manquements, elle produit les effets d'une démission, préavis compris.

Exemple : Sophie et son nouveau poste

Sophie est cadre dans une société de services. Sa convention prévoit trois mois de préavis. Le 15 septembre 2026, elle signe une promesse d'embauche pour un poste qui démarre le 2 novembre. Elle remet sa démission le jour même, contre signature, et demande dans la même lettre à être libérée le 30 octobre au lieu du 15 décembre. Elle propose de rédiger une note de passation pour son remplaçant.

Son employeur répond par écrit le 22 septembre. Il accepte une fin de contrat au 30 octobre, contre la passation. Sophie sait que les six semaines restantes ne lui seront pas payées. Elle a surtout une date certaine, opposable, à donner à son futur employeur.

Exemple de demande de dispense

Monsieur, je vous informe de ma démission de mon poste de chargée de comptes. Mon préavis de trois mois prendrait fin le 15 décembre 2026. Ayant accepté un poste qui débute le 2 novembre, je vous demande de bien vouloir me dispenser de la fin de ce préavis et de fixer la fin de mon contrat au 30 octobre 2026. Je m'engage à préparer d'ici là une passation complète de mes dossiers.

Erreurs qui coûtent cher

  • Annoncer « je pars sans préavis » comme une décision, alors qu'il s'agit d'une demande que l'employeur peut refuser.
  • Se contenter d'un accord oral et découvrir un solde de tout compte calculé sur la date de fin normale.
  • Signer un nouveau contrat avec une date de début incompatible avant d'avoir la réponse de l'employeur actuel.
  • Appliquer un préavis trouvé sur un forum au lieu de celui de sa convention collective.
  • Confondre la rupture de période d'essai et la démission, et proposer trois mois de préavis alors que 48 heures suffisaient.

Pour une lettre qui annonce la démission et formule proprement la demande de dispense avec la date souhaitée, vous pouvez utiliser notre modèle de lettre de démission, en indiquant comme dernier jour la date que vous demandez.

Rédigez votre lettre de démission sans préavis

Générer ma lettre de démission sans préavis